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Face à l’océan avec Camille Lavigne

  • Johanna Witz
  • il y a 14 heures
  • 4 min de lecture

Propos recueillis par Johanna Witz

Photographies d’Alice Mesguich


C’est face aux rouleaux de l’Atlantique que l’architecte d’intérieur Camille Lavigne a signé son tout premier projet en indépendante.

Un appartement de l’époque Empire, en première ligne à Biarritz, entièrement repensé pour une famille suisse-italienne tombée amoureuse du pays basque et de son environnement. Découverte.



L’appartement avait beaucoup de charme, mais il avait été retapé dans les années 1970 et nécessitait qu’on se projette, raconte Camille. Mes clients voulaient un lieu élégant et connecté à l’océan, capable d’accueillir leurs quatre enfants. Il fallait redistribuer les espaces pour créer quatre chambres avec salle de bain, tout en sortant du cliché de la maison de vacances basque. Voilà la demande que reçoit Camille Lavigne, formée à Penninghen et riche d’une expérience en agences d’architecture parisiennes, alors qu’elle souhaite se lancer en indépendante après une année passée dans le sud ouest à forger son carnet d’adresse auprès d’une architecte réputée de la région : Delphine Carrère. 



ÉLÉGANCE BALNÉAIRE ET INFLUENCES OCÉANIQUES


Ce qui frappe tout de suite, c’est que dans tout l’appartement l’océan infuse le projet. Le bois travaillé reprend les ondulations des vagues, les luminaires évoquent des amas de coraux et la chambre verte s’inspire des brumes végétales et marines de la côte basque. Pourtant, Camille n’a pas voulu tomber dans la facilité des toiles marines et des clichés du bord de mer : “C’est une résidence secondaire donc il fallait s’y adapter mais je voulais absolument me détacher du cliché de la maison de vacance basque et faire quelque chose de plus élégant”. Les rappels à l’environnement proches sont plus subtils, tout en tissant un fil rouge fort tout au long du projet. Chacune des pièces fonctionne ensemble, mais a aussi sa propre personnalité. 



Pièce emblématique, l’entrée-plage a été pensée comme un sas poétique depuis le sable vers cette appartement perché au-dessus de la Grande Plage : une mosaïque marine signée Delphine Messmer au sol, des vitraux réalisés par Gérald Franzetti et une douchette discrète pour se dessaler. « Je voulais que cet espace soit à la fois pratique et beau, comme une transition entre la plage et l’appartement », explique Camille.



Plusieurs pièces maîtresses du mobilier ont été conçues par Camille lavigne pour le projet : table basse, bibliothèque, tête de lit, tables de chevet,  miroir… La collaboration avec les artisans locaux a donné une dimension unique à l’ensemble. Avec l’aide de Julie Boucherat de Mano Mani, céramiste installée à Bayonne, elle crée une table basse au plateau composé de galets, reprenant le style des environs typiques basques.C’est une table qui est inspirée des techniques de calade de galets qu’on peut trouver sur les bancs publics typiques biarrot du rocher de la Vierge. Julie a fabriqué des centaines de galets en céramique avant de les assembler en un motif floral. Moi, j’ai dessiné le piètement en bois massif qui a ensuite été réalisé par Landart Menuiserie. Nous avons aussi travaillé sur la cheminée ensemble” , raconte l’architecte. 



INSPIRATIONS NIPPONES ET VENUES D’AILLEURS


Pour ne pas basculer dans le total look maritime, Camille Lavigne a puisé dans d’autres inspirations. Il y a la palette verte des chambres, directement inspirée de la végétation basque, mais aussi les tons plus doux adoptés dans la chambre parentale. Par ce choix audacieux, la cuisine devient à la fois fonctionnelle et poétique. À l’écart de l’effervescence familiale, la chambre des parents adopte une ambiance radicalement différente. Ici, les tonalités sont plus douces, presque nuageuses, pour créer un cocon de calme. Des panneaux en bois texturé répondent aux luminaires qui diffusent une lumière tamisée, proche de celle d’un lever de soleil brumeux sur la côte basque. La tête de lit, dessinée sur mesure, structure l’espace avec élégance, apportant la chaleur du bois. Au mur, des tissus brodés rappellent les estampes d’encre japonaises, et apportent leur touche plus artisanale et traditionnelle. 


L’or (peut-être celui du soleil levant si cher aux Japonais ?) a également sa place dans ce projet d’architecture d’intérieur. On le retrouve dès l’entrée, sur les portes d’une console, placé sous une impressionnante coupole qui apporte au plafond couleur et profondeur, avec son cercle ses lignes ondulées qui rappellent les rayons du soleil. La cuisine, elle aussi, tout en laiton doré, brille de mille feux : entièrement réalisée en laiton brossé, elle capte la lumière naturelle et se métamorphose au fil des heures, tantôt chaleureuse, tantôt éclatante. Pour pallier à ses manquements, un plafonnier vient foudroyer l’air de la cuisine, d’une sorte d’éclair, ou de baton d’un noir de charbon, auquel sont suspendus des ampoules rondes. Le marbre arabescato qu’on retrouve dans la montée d’escaliers et dans la salle de bain apportent une touche finale plus minérale. 



SUR-MESURE ET ARTISANAT LOCAL


Le salon, lui, nous ramène vers l’extérieur, avec une belle vue sur le front de mer. Avec sa grande cheminée et sa bibliothèque d’angle en bois conçue sur-mesure pour l’appartement par Camille, il se compose d’un canapé en tissu ocre Christophe Delcourt, de fauteuils bas tapissés de tissu blanc Sergio Rodrigues, et de touches de jaune, à l’intérieur d’un plat de céramique, sur une etole de salon, ou sur le tableau de Vanessa Fanuelle, Peins d’Aurores, qui surmonte le manteau de cheminée en céramique. Les voisins de cet immeuble de 1800 sont des incontournables de Biarritz : la Grande plage, bien sûr, mais aussi le casino et l'hôtel du Palais, qui ont servi d’inspirations. 


J’ai eu une liberté rare, confie Camille. Les clients m’ont fait confiance et m’ont laissé collaborer avec tous ces artisans d’art qui ont permis que le projet prenne vie de cette façon. Cela m’a permis de vraiment m’éclater créativement pour ce premier projet qui s’est fait très naturellement” se réjouit-elle.  

Originaire de Toulouse, formée à Penninghen puis dans de grandes agences parisiennes spécialisées dans le luxe, Camille a choisi de s’installer dans le Sud-Ouest pour changer d’air. Et c’est par l’intermédiaire d’un agent immobilier qu’elle se voit confier ce premier projet, dont elle attend de voir aujourd’hui les retombées après un accueil plutôt chaleureux de la presse. Un début prometteur, à l’image de ce premier appartement plein d’élégance, de simplicité travaillée et de goût pour le détail. 



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@camillelavignearchitecture camillelavigne.com


Reportage extrait de Fine Fleur n°10 - Le chrysanthème.




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