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Les jardins de Giverny, l'œuvre florale de Claude Monet

Entre jeux de lumière, couleurs vibrantes et reflets sur l'eau, les jardins de Giverny dégagent une atmosphère naturelle éclatante à l'image des tableaux du célèbre peintre impressionniste Claude Monet, ce lieu renommé a des allures d'œuvre d'art. Pendant quarante-trois ans, Giverny fut à la fois le foyer et l'espace de création de l'artiste.

Lorsque l’on pénètre dans le Clos Normand, difficile de ne pas se sentir petit. En perpétuel mouvement, ce jardin principal situé face au petit chemin qui borde les jardins de Giverny change au gré des saisons, et les couleurs chaudes de l’été créent une ambiance dynamique et florale. Composé de quatre massifs de verdure, cet espace séparé en deux par un chemin atypique mène droit à l’escalier central de la maison de Claude Monet. Pour s’y rendre, il faut déambuler sous de drôles de portiques métalliques où se reflète le soleil. Sur ces derniers, une multitude de rosiers grimpants forment une impressionnante voûte de fleurs. En pleine floraison au mois de juin, les roses odorantes viennent camoufler les arceaux de métal, et guident les promeneurs estivaux jusqu’à la demeure de l’artiste. Au pied de cette arche, la mythique allée se tapisse de capucines de Lobb. Exubérantes et éprises de liberté, ces plantes rampantes annuelles n’en font qu’à leur tête. “Les capucines ont tendance à grimper à la verticale et à se frayer un chemin pour aller vers la lumière du soleil”, glisse Rémi Lecoutre, chef jardinier adjoint de la Fondation Monet. “Aussi, nous les palissons à l’horizontale. Une à deux fois par semaine, nous les contrarions, nous les tordons délicatement afin qu’elles aillent dans la bonne direction !”. Avec ses couleurs orangées, la plante donne donc du fil (ou plutôt de la tige) à retordre aux jardiniers, qui doivent dompter les capucines. Amoureux de ces teintes chaudes originaires d’Amérique du Sud qui les caractérisent, Claude Monet lui-même a rendu hommage à leur indépendance en peignant les toiles Capucines dans un vase bleu et Vase de capucines.

© Fondation Claude Monet

Une farandole de fleurs

Cependant, les fleurs belles et rebelles ne sont pas les seules à envahir l’allée principale. À leurs côtés, se multiplient variétés de dahlias, aux couleurs et apparences diverses. Parmi elles, les étoiles digoinaises et les honkas exhibent leurs couleurs d’été rouges, jaunes et roses. Repliés en deux, leurs pétales forment de délicates gouttières qui leur confèrent des allures d’étoiles de mer. Si vous suivez toutes ces fleurs qui jonchent le sol du passage verdoyant, elles vous mèneront face aux marches de la maison en crépi rose. Il suffira alors de se retourner pour constater l’ampleur du Clos Normand, qui s’étend sur quasiment un hectare. Dans un joyeux mélange, les premiers glaïeuls, amarantes, œillets et mufliers y pointent le bout de leur nez. Dans chaque massif s’épanouissent des plantes annuelles de toutes les nuances. Ici, des tournesols en fleur de quatre mètres procurent aux flâneurs un ombrage bienvenu sous la chaleur des beaux jours. Là, un plan vivace de roses trémières serpente vers le ciel et semble vouloir attraper les nuages. La fragrance puissante des roses qui fleurissent sur différentes structures (libres, tiges, demi-tiges ou parasol) domine le jardin et vient chatouiller les narines des visiteurs. À l’heure où la belle saison bat son plein, le Clos Normand se gorge de fleurs estivales et plonge tout un chacun dans une opulence végétale déconcertante.


© Fondation Claude Monet

Si les jardins de Giverny se conjuguent au pluriel, c’est que le Clos Normand n’est pas le seul terrain grandiose à ouvrir ses portes. Face à celui-ci et derrière la petite route qui les sépare, se dessinent les contours frémissants du jardin d’eau. Un seul pied sur le pont japonais inaugure l’atmosphère orientale du lieu. Peint en vert pour se démarquer des constructions traditionnelles du Japon, le ponton offre à ses visiteurs un paysage d’une clarté exceptionnelle. Alors que les érables, les bambous, les pivoines et les ginkgos biloba dessinent les traits du jardin, les saules pleureurs viennent chatouiller le bord de l’étang de leurs longues branches-lianes. Fasciné par les jeux de réflexions, Claude Monet a pensé le jardin d’eau par et pour les réverbérations des végétaux dans ces miroirs liquides que forme le bassin. En continuant à flâner le long de la passerelle, il est possible de rester au frais malgré la température estivale. Sur la treille de la passerelle, d’imposantes glycines s’entortillent en d’harmonieuses tresses mauve et blanche. Fleurs de printemps et d’été, ces wisterias - leur autre nom - fleurissent jusqu’au mois de juin où elles sont au summum de leur floraison. Loin de vouloir rester inaperçues, elles transportent avec elles un intense parfum floral et sucré. Comme porté par l’odeur, il faudra continuer à flâner le long du ponton pour observer de plus près le cours d’eau.


Claude Monet, un peintre jardinier

Au bord du bassin, impossible de rater le clou du spectacle : les nymphéas. Obsession picturale de Claude Monet, ces fleurs sont, aux yeux de certains, le cœur des jardins de Giverny. Chef d’œuvre exposé au Musée de l’Orangerie à Paris, la série de peintures Nymphéas qui les donne à voir sous les éclairages des différents moments de la journée, est une véritable ode aux plantes aquatiques. Car si l’artiste était peintre, il était également jardinier amateur. Cherchant à concevoir un écrin de verdure où il serait plongé au cœur de la nature, il est à l’origine du choix des fleurs et des plantes, pour lesquelles il se passionne. Dans son jardin, à l’instar de ses tableaux, rien n’est laissé au hasard, mais tout laisse place à l’imagination. “J’ai mis du temps à comprendre mes nymphéas. Je les cultivais sans songer à les peindre. Un paysage ne vous imprègne pas en un jour... Et puis, tout d’un coup, j’ai eu la révélation des fée- ries de mon étang. J’ai pris ma palette. Depuis ce temps, je n’ai guère eu d’autre modèle”, exprimait-il. Aujourd’hui comme hier, tout promeneur sera saisi par la beauté de ces nénuphars au nom antique tiré des nymphes, créatures des ondes. Roses, blancs ou rouges, les reflets flottants des nymphéas à la surface de l’eau composent une authentique copie d’un ciel d’été. Si vous tendez l’oreille, vous y entendrez peut-être le coassement des grenouilles, les gloussements des poules d’eau... et le doux bruissement des nymphéas •


@fondationmonet

84 rue Claude Monet

27620 Giverny

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